Du changement dans le remboursement des traitements contre les allergies ?

Regain des allergies et diminution des prises en charge : quelle logique ? — Conçu par evening_tao Freepik.com
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Le printemps est enfin arrivé, et il entraîne avec lui le retour des allergies… Fin décembre dernier, la Haute Autorité de Santé a mis en avant le manque d’efficacité de certains traitements qu’elle propose de dérembourser partiellement ou intégralement. Dans les semaines à venir, nous saurons si le Ministère des Solidarités et de la Santé suit ces préconisations. En l’attente, faisons le point sur les traitements impactés par cette annonce.

Les allergies : de plus en plus de personnes touchées en quelques décennies

De nos jours, il n’est pas rare de compter dans son entourage des personnes sujettes aux allergies. Selon une source de l’Inserm rédigée en collaboration avec le conseil scientifique de la Société française d’allergologie, plus d’un Français sur quatre, tout âge confondu est allergique à quelque chose. Et même de plus en plus d’enfants et de nouveau-nés sont touchés par cette maladie. Ces 40 dernières années, le nombre de personnes allergiques dans les pays développés a beaucoup augmenté. La cause n’est donc sûrement pas seulement génétique. Notre environnement influerait grandement sur ce constat. Alimentation, pollution, excès d’hygiène ou encore multiplication des médicaments, contribueraient à faire augmenter le nombre de personnes souffrantes d’allergies chroniques ou saisonnières. Et l’avenir ne s’annonce pas plus rose…

Des traitements antiallergiques bien moins remboursés voire déremboursés

Suite à une consultation menée auprès d’acteurs des traitements de l’allergie, la Haute Autorité de Santé a émis ses recommandations en décembre dernier. Elle remet notamment en cause :

  • Les traitements de désensibilisation par voie sublinguale (voie buccale, sous la langue) pour lesquels elle recommande de diminuer fortement la prise en charge par l’Assurance-maladie. La prise en charge actuelle de 65% passerait à 15% ;
  • Les traitements par voie injectable qu’elle préconise de dérembourser intégralement.

La surprise des patients et des allergologues

Ces annonces ont créé la surprise auprès des patients comme des allergologues. D’une part, les patients craignent ne plus pouvoir suivre ces traitements par manque de moyens financiers ou, si leur mutuelle n’offre pas assez de garanties. D’autre part, bien qu’ils reconnaissent le sérieux scientifique de cette étude, les allergologues défendent encore ces traitements. En effet, ils les utilisent auprès de nombreux patients et les connaissent bien. Ils constatent même des résultats qui durent sur le long terme et qui peuvent donc éviter la prise de médicaments en continu ou de manière régulière.

Ne pas suivre ces recommandations pourrait aussi permettre à l’Etat d’effectuer des économies. Par exemple, les traitements curatifs d’un asthme apparu suite à une allergie, coûtent bien plus cher à la Sécurité Sociale que les traitements mis en avant par la Haute Autorité de Santé. Et nombreux sont les patients allergiques qui déclarent un asthme avec le temps…

Les décennies à venir devraient encore connaître une augmentation de la population allergique en France. À l’heure où le renouveau du système de santé est une des priorités du mandat présidentiel, espérons disposer de plus d’éclaircissements lors du vote qui se tiendra dans les semaines à venir.

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