Crédit immobilier, une souscription plus difficile dès début 2020

Fin 2019, le Haut Comité de stabilité financière a conseillé aux banques de durcir les conditions d'accès au crédit immobilier. Pourquoi ?
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Le Haut Comité de stabilité financière a tranché : les banques et tous autres établissements prêteurs doivent durcir les conditions de souscription à un crédit immobilier. De cette manière, le HCSF espère limiter les risques d’endettement des établissements bancaires à cause du taux des crédits immobiliers qui est au plus bas depuis un moment. A quelles différences les nouveaux emprunteurs vont-ils faire face ? Nous vous expliquons tout !

La durée des crédits immobiliers revue à la baisse

L’une des recommandations majeures du Haut Comité de stabilité financière est de diminuer la durée maximale d’un prêt immobilier à 25 ans.

En soi, la durée moyenne des crédits immobiliers est repassée sous la barre des 19 ans en janvier 2020 selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, ou plus exactement elle est passée à 226,7 mois (contre 232,3 mois en décembre 2019, soit environ 19 ans et 4 mois).

De même, l’Observatoire Crédit Logement/CSA montre que la durée des prêts immobiliers pour un premier achat est plus généralement comprise entre 20 et 25 ans :

Répartition (en %) des prêts pour les périodes données
Durée du prêt
Moins de 10 ans10 à 15 ans15 à 20 ans20 à 25 ans25 ans et plus
201210,823,535,528,91,3
20186,616,432,942,31,7
20195,414,231,247,51,7
Janvier 20205,113,533,147,01,3

Source : Observatoire Crédit Logement/CSA

Un taux d’endettement limité à 33 %

En plus de la diminution de la durée des crédits immobiliers, le Haut Comité de stabilité financière recommande de diminuer le taux d’endettement des emprunteurs (le « taux d’effort à l’octroi des emprunteurs »).

Dans des mots plus simples, les personnes souhaitant contracter un prêt immobilier ne pourront pas accorder plus d’un tiers de leurs revenus mensuels au remboursement de ce dernier. Cependant, selon une étude de la Banque de France,  plus de 20 % des crédits immobiliers contractés en 2019 dépassent ce nouveau seuil.

Pourquoi de telles recommandations pour les banques ?

En plus des 2 recommandations présentées ci-dessus, le Haut comité de stabilité financière suggère aussi aux banques d’augmenter l’apport initial. Imposé à 24 % dans les années 2000, il a chuté à 14 % mi-2019. Le HCCSF recommanderait une augmentation de presque 10 %.

Toutes ces recommandations ont un seul et même objectif : faire en sorte que les ménages français s’endettent moins ou en tout cas évitent le surendettement. Mais elles pourraient aussi avoir comme conséquence de mettre de côté au moins 100 000 foyers (souvent modestes) souhaitant contracter un emprunt immobilier courant 2020 selon les calculs de l’économiste Michel Mouillart.