Etude de la DREES sur la prise en charge de la perte d’autonomie souhaitée par les Français

Dépendance : quelle prise en charge dans le futur ?
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En 2010, la DREES (Organisation de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques) évaluait à 1,1 million le nombre de Français dépendants. Malgré tous les progrès qui feraient baisser le nombre de personnes âgées en situation de dépendance, une projection laisserait apparaître que, en 2060, ce nombre passerait à 2,3 millions. D’après les résultats d’une enquête effectuée en mai 2020 par la DREES , 2 français sur 3 souhaitent que la perte d’autonomie des personnes âgées soit prise en charge par l’Etat.

Que souhaitent les personnes ayant un proche dépendant ?

La DREES a interrogé 3000 personnes, et il ressort que les attentes sont différentes selon le budget. En effet 23% des Français les plus aisés souhaiteraient placer leur proche parent dépendant dans un établissement spécialisé, alors que, parmi les moins aisés, 14% seulement souhaiteraient opter pour cette solution.

Globalement, 8 Français sur 10 préfèrent maintenir leur proche à domicile, mais les moyens de prise en charge sont différentes en fonction des situations financières des personnes sondées.

De façon générale, les Français souhaitent que la dépendance obtienne une prise en charge venant de l’Etat.

Le souhait des personnes en situation de dépendance

87% des personnes interrogées souhaitent terminer leur vie dans le domicile familial, et parmi eux, 37% pensent que ce sera le cas.
Cependant, dans 79% des cas, les sondés pensent que cela ne sera possible qu’avec la présence d’aidants professionnels ou familiaux.

Et si cette solution s’avère impossible, 54% pensent que la solution la plus adaptée est celle des résidences seniors disposant de services. Les EHPAD ou les maisons de retraites sont peu considérées.

Mais tout, cela est étroitement lié aux revenus de la personne interrogée, et finalement c’est le budget mensuel qui pèsera dans la balance et décidera de la solution. Les personnes concernées par la dépendance d’un proche s’orienteront vers la solution correspondant à leur budget.

Comment devraient être financées les aides aux personnes dépendantes selon les Français ?

Selon un baromètre établi par la DRESS, 3 acteurs devraient financer les aides au personnes dépendantes :

  • L’Etat et les institutions publiques,
  • Les proches des personnes dépendantes,
  • Les personnes dépendantes elles-mêmes en optant pour une assurance privée.

Pour 64 % des Français, l’Etat devrait financer principalement ces aides. Pour 25 % des personnes, les familles doivent être à l’origine du financement de ces frais.
Enfin, pour les 11 % restants, ce sont les personnes dépendantes elles-mêmes qui doivent prendre en charge ces dépenses.

Si l’on se concentre sur la situation financière des personnes interrogées, on se rend compte que les proportions sont variables. En effet, 70 % des personnes les moins aisées pensent que l’Etat devrait financer ces assistances. Ces personnes, ayant des revenus moins conséquents, souhaiteraient pour la grande majorité une aide de l’Etat.

Les personnes les plus aisées sont plus enclines à payer ces frais sans recourir aux aides de l’Etat. 54 % d’entre elles seulement pensent que les institutions publiques devraient intervenir. 30 % de ces personnes pensent que cette charge revient aux proches.

Que souhaite faire le gouvernement pour solutionner ce problème ?

Le gouvernement envisage à partir du 19 mai de proposer la création d’une 5ème branche de la Sécurité sociale pour couvrir les dépenses liées à la perte d’autonomie.

A cet effet il présentera au parlement avant fin septembre 2020 un rapport contenant deux projets de lois relatifs à ce problème, qui définiront comment sera créée cette nouvelle branche, qui sera inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021.

Si cette loi est adoptée, elle permettra d’augmenter à partir de 2024 le financement de la dépendance.

A ce moment là 2,3 milliards d’euros de CSG provenant de la CADES (Caisse d’ Amortissement de la Dette Sociale) seront transférés à la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Economie), qui gère la dépendance et le handicap.

Parallèlement, le gouvernement songe à une concertation avec les partenaires sociaux, afin de trouver à court terme le financement nécessaire.