Révolution dans le funéraire : les columbariums les plus innovants

Le nombre de crémations annuel dépassera rapidement les 50 millions.
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Cet article fait le point sur les concepts les plus novateurs réalisés dans le domaine de la crémation, en matière de conservation ou de dispersion des cendres des défunts.

Alors que, depuis une trentaine d’années, face à la montée en puissance de la crémation, le rituel des pompes funèbres faisait preuve d’immobilisme, quelques start-up se sont penchées sur ce problème, en lançant dans le monde entier des concepts innovants, ou des idées d’avenir. Toutes ne sont sans doute pas réalisables, car elles vont du génial au farfelu, mais cela prouve que le marché est suffisamment porteur pour intéresser des chercheurs.

Quel est le devenir des cendres après une crémation ?

Après une crémation, les cendres sont remises à la famille du défunt, et la législation actuelle interdit de les conserver à domicile.

La solution est donc de les disperser dans un « jardin du souvenir », spécialement conçu pour cet usage, ou dans un site souhaité, après avoir obtenu une autorisation officielle. Il est également possible de les inhumer dans une sépulture familiale, ou de les placer dans la niche d’un columbarium.

D’autres possibilités existent

D’autres possibilités existent mais elles sont soumises à des contraintes et des autorisations qui varient selon les pays concernés. Parmi ces options nouvelles, il y a :

Eternal Reefs : la dispersion ou l’immersion dans un récif artificiellement créé pour cet usage

Les cendres, mélangées à du ciment neutre, sont immergées dans l’océan, sur des sites de récifs connus pour leur côté récréatif (pêche et plongée).

Famille et amis sont invités à participer à la création du récif, en aidant à mélanger les cendres dans le béton, en y ajoutant des empreintes de leurs mains, en y incluant des messages écrits ou des petits souvenirs. Cette expérience positive est considérée comme une aide à la guérison de l’âme après le deuil.

De plus, ces « récifs éternels » contribuent à préserver, protéger et améliorer la santé des océans. Les côtes des USA en comptent actuellement plus de 1.800.

Elysium Space : les funérailles spatiales

Ce marché, encore microscopique, exploré par quelques entreprises spécialisées, consiste à envoyer de l’ADN dans l’espace, ou des cendres sur la lune. Une variante originale est d’envoyer les cendres dans la stratosphère.

Une start-up, basée à San-Francisco, a lancé en 2018 depuis un Falcon 9, 300 petites fioles de cendres, placées dans un « cube-Sat », qui sera satellisé durant deux ans, avant de se consumer lors du retour dans l’atmosphère terrestre. Le coût de l’opération est d’environ 2.200 € par fiole.

Après avoir assisté au départ du lanceur, les proches, grâce à une application mobile, pourront suivre l’orbite du satellite jusqu’à sa destruction finale, mais sa taille réduite (carré de 10 cm de côté) ne permettra pas de l’observer depuis le sol.

En France aucun texte de lois ne s’oppose à ce type de dispersion, mais la mairie du lieu de naissance du défunt doit être avisée de ce choix.

Une seule entreprise (Poussière d’Étoile), basée dans le sud de la France propose sur tout le territoire la dispersion des cendres à une altitude de 33 km depuis un ballon gonflé à l’hélium, pour un prix base de 590 € (après une étude de la zone choisie et avoir obtenu l’autorisation de l’aviation civile).

Bios : une urne funéraire écologique qui vous transformera en arbre.

Il s’agit d’une idée originale développée par la société catalane “Bios-Urn”. Partant du principe que toute forme de vie se régénère dans la nature, deux frères ont imaginé une solution intelligente, durable et écologique, qui permet de changer la manière dont les gens envisagent la mort, en permettant une autre forme de retour à la vie au travers de la nature.

L’urne funéraire qu’ils proposent offre la possibilité de générer un nouveau cycle de vie, en l’occurrence un arbre. Le principe est simple : les cendres font germer une graine, et font pousser l’arbre choisi par le défunt.

Dans une formule plus élaborée, ces concepteurs proposent de placer l’urne “Bio-Urn” dans un pot plus grand, qui servira d’incubateur. Pour avoir la certitude que sa croissance sera optimale un capteur placé dans la terre de l’incubateur analysera l’hydrométrie et la température du terreau, et pilotera un arrosage automatique intégré. Un smartphone permettra de visualiser ces différents paramètres. Ensuite l’arbrisseau sera placé en terre. La famille et les amis du défunt pourront alors, durant de nombreuses années, se recueillir devant cet arbre qui symbolisera l’âme de leur disparu. Ce concept peut aussi être utilisé pour les animaux de compagnie.

Une urne biodégradable revient à 118 €, et il faudra ajouter à cette somme 445 € pour acquérir l’incubateur “Bio Incube” (mais celui-ci n’est pas obligatoire, car l’urne peut directement être mise en terre dans un jardin ou une forêt).

Florian Leclerc : la sublimation, le funéraire du futur

Ce procédé permettra la crémation accélérée d’un corps en quelques minutes seulement (au lieu de 90 à 120 minutes actuellement), grâce à l’hydrogène qui sera l’énergie de cette sublimation, sans produire aucune pollution.

Les avantages de ce procédé seront multiples :

  • Réduire le stress d’une attente lugubre au crématorium,
  • Diminuer le coût de la crémation,
  • Rendre ce système plus écologique.

Alors qu’en 1979 on ne comptait que 1 % de crémation en France, ce chiffre est passé à plus de 35 % en 2017. Un sondage récent prouve que 51 % des français préfèrent actuellement une crémation à une inhumation.

Selon ce constat, le nombre de crémations annuel (actuellement 300.000 en France) dépassera rapidement les 50 millions.

Le groupe de Michel Leclerc s’intéresse à ce concept, qui sera sans doute opérationnel dans trois ou quatre ans, et apportera aux familles éprouvées moins de souffrance et un allègement financier.

Quelques idées plus marginales concernant le devenir des cendres du défunt

  • En soumettant les cendres à de très fortes pressions, deux entreprises basées en Suisse parviennent à les transformer en un diamant de 0,4 carats (pour environ 5.500 €),
  • La start-up Andvinyly, basée en Grande-Bretagne produit des disques vinyles à partir des cendres, ainsi chaque parent ou ami du défunt peut écouter à sa guise la musique favorite du disparu,
  • Un autre groupe (Heavens Above Fireworks) propose même d’incorporer les cendres à un feu d’artifice,
  • Enfin une start-up (Nadine Jarvis) se propose de transformer les cendres en crayons à papier,

Ces initiatives, dont certaines font figures de gadgets, se heurtent à la législation actuelle française qui interdit formellement de telles pratiques.

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