Pièces détachées automobiles : est-ce la fin du monopole des constructeurs ?

Vers la diminution des prix des pièces détachées automobiles ?
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Afin de réduire les coûts des pièces détachées automobiles, le gouvernement a annoncé la fin du monopole des constructeurs sur ce marché. Qu’est-ce que cette mesure va entraîner ? Et de combien les prix devraient diminuer ? Cet article vous permet de faire le point sur les incidences liées à cette ouverture à la concurrence.

Annonce réduction prix des pièces détachées automobiles

Le 5 mars 2019, lors de l’anniversaire de « l’Autorité de la concurrence », le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé une série de mesures destinées à modérer les hausses des dépenses « contraintes » des ménages français.

Au nombre de celles-ci, figure la réduction sensible du prix des pièces détachées automobiles (en commençant par les rétroviseurs, les phares et les vitrages). Cette mesure serait ensuite étendue à l’ensemble des pièces de carrosserie.

Cet amendement au projet de « loi d’orientation des mobilités » (LOM) mettrait fin au monopole des constructeurs.

Situation actuelle du marché des pièces détachées automobiles

Dans l’état actuel de la législation française, le constructeur automobile est le seul à être habilité à distribuer ces pièces (d’ailleurs protégées par des droits d’auteur) auprès des différents réparateurs.

Le résultat de ce monopole est que pour réparer leur véhicule, les clients achètent ces pièces pratiquement cinq fois le prix qu’elles ont coûté au constructeur. Ce dernier réaliserait même 80 % de marge !

De fait, le client paie deux fois (une première fois à l’achat de son véhicule neuf, et ensuite au moment de sa réparation).

Et c’est le secteur total de la réparation qui pâtit de ce monopole abusif.

Incidences immédiates de cette mesure qui sera prise

Cette décision de faire baisser les prix des pièces détachées de 6 à 15 % en ouvrant le marché à la concurrence sera certainement une excellente initiative. Elle a d’ailleurs été réclamée par l’association de consommateurs « UFC-Que Choisir » dans le cadre du « Grand débat » national.

C’est également une bonne nouvelle pour les assureurs auto, car le coût de la réparation automobile, selon le SRA (Sécurité et Réparation Automobile), a augmenté en 2018 de 4,7 % et pèse de plus en plus lourdement dans les résultats techniques.

Rien que pour les pièces détachées automobiles la hausse a été de 4,4 % (tous modèles confondus).

Alors que l’on observe depuis quelques années une diminution dans la fréquence des accidents, les primes d’assurance ne cessent d’augmenter, et devraient même cette année être comprise entre 1,5 et 2 % en moyenne. (sources du cabinet « Actuaris »).

Est-ce que les primes d’assurance auto pourraient baisser ?

En toute logique la baisse du prix des pièces détachées devrait avoir une incidence sur le prix de la garantie dommages ou la RC matérielle.

Mais tout n’est pas si simple !

Depuis avril 2018, il existe de nouvelles obligations en matière de contrôle technique (par exemple le remplacement complet du pare-brise au lieu de sa réparation ce qui augmente sensiblement le prix du bris de glace, etc.)

Le coût de la réparation représente près de la moitié de la prime d’assurance automobile. Quand les phares et les rétroviseurs (ce seront les premières pièces touchées par cette mesure) verront leur prix à la baisse, il faut quand même dire qu’il ne s’agit pas des pièces les plus coûteuses, si on les compare au prix des pièces de carrosserie…

Sans oublier que le prix de la main d’œuvre vient largement grever le montant des réparations.

Il est donc possible que cette mesure phare n’engendre pas, tout au moins au début, une baisse significative du prix de l’assurance, mais plutôt un gel temporaire, en attendant son évolution.

Le prix des pièces détachées automobiles chez nos voisins Européens

Nos tarifs français sont plus élevés que ceux pratiqués par nos voisins européens (tels l’Espagne ou la Belgique).

En 2011 en Belgique, les pièces coûtaient 33,5 % de moins que chez nous.

Cette mesure, adoptée par onze pays européens, est en vigueur aux États-Unis et en Allemagne. Retenez que malgré cette diminution des prix, aucune baisse de la qualité n’a été constatée.

Depuis 2012, l’Autorité de la Concurrence préconisait d’ouvrir progressivement à la concurrence le marché des pièces de rechange destinées à la réparation automobile. Un souhait qui devrait prochainement être réalisé.

Cette dérégulation du marché des pièces détachées visibles, examinée par le Parlement depuis le 6 mars, sera un signal politique fort qui favorisera le pouvoir d’achat des automobilistes. Cette mesure aura également une influence bénéfique sur les métiers de la réparation.

Sources et références

  • http://www.actuaris.fr/
  • https://www.senat.fr/questions/base/2012/qSEQ121203791.html
  • http://www.senat.fr/espace_presse/actualites/201902/orientation_des_mobilites.html
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