L’évolution future du digital dans l’assurance : Les nouveaux acteurs du marché de l’assurance

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Sommaire du Mémoire

1 — L’utilisation des réseaux sociaux et du numérique dans l’assurance, les entreprises françaises accusent elles un retard dans ce domaine vis-à-vis de leurs homologues européennes
2 — Introduction
3 — Le numérique et son développement dans le commerce
4 — Le numérique et son développement dans le commerce : Histoire du numérique
5 — Le numérique et son développement dans le commerce : Développement du numérique dans le commerce
6 — Le numérique et son développement dans le commerce : Son application dans le domaine de l’assurance
7 — Les pays européens face à la digitalisation : La législation autour des données numériques
8 — Les pays européens face à la digitalisation : Le cas de la France, de l’Allemagne et de l’Italie dans la transition numérique
9 — L’évolution future du digital dans l’assurance
10 — L’évolution future du digital dans l’assurance : Les nouvelles technologies s’implantent dans l’assurance
11 — L’évolution future du digital dans l’assurance : Les nouveaux acteurs du marché de l’assurance
12 — Conclusion
13 — Notes et bibliographie

L’explosion des Insurtechs

Nous en avions déjà parlé auparavant, les Insurtechs représentent une branche montante des startups du type « Fintech », ce terme désigne ces entreprises innovantes qui allient les nouvelles technologies et l’analyse des données récupérées par le « Big data » pour modifier, améliorer et créer de nouveaux produits ou services liés à la finance, ou dans le cas qui nous intéresse, à l’assurance. Les fintechs connaissent dans le monde une forte croissance depuis les années 2010 en proposant de nouvelles méthodes de paiement, notamment par mobile, et en concurrençant les intermédiaires bancaires traditionnels avec des produits comme le prêt entre particuliers en alternative au prêt à la consommation.

Dans le monde, les investissements dans les startups fintech représentaient 930 millions de dollars en 2008 et ce chiffre a dépassé les 22 milliards de dollars en 201529. Ce sont actuellement les Etats Unis qui regroupent le plus de fintechs et captent le plus d’investissements, mais l’Europe se défend bien dans le secteur, malgré la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne, qui était un gros pôle de fintechs.

Les Insurtechs ont elles aussi su tirer leur épingle du jeu ; en 2016 les investissements réalisés dans ces startups ont été multipliés par vingt en seulement cinq ans.

Cet intérêt pour ces sociétés nouvelles vient en partie du fait que l’expérience client soit au centre de toutes les démarches des Insurtechs. Ces dernières essayent de développer des produits et des services qui sont en phase avec l’ère actuelle de la dématérialisation, de la décentralisation et des objets connectés. Toujours dans l’optique de mettre le client et ses besoins en avant, l’utilisation des données du « big data » permettent la création de contrats entièrement personnalisables, là où les assureurs traditionnels proposent les mêmes types de contrats et de garanties depuis des années. Malgré le fait que ces derniers fassent des efforts considérables pour rattraper leur retard sur les Insurtechs, la bataille des coûts semble perdue d’avance. En effet, la dématérialisation que nous évoquions à l’instant permet aux assurtechs de proposer des tarifs agressifs auxquels les intermédiaires classiques n’ont pour le moment pas de réponse.

La réactivité des services est aussi un plus qui va en faveur des startups. En passant par du tout digital et du 100% mobile, les insurtechs mettent en application tous les avantages du système de Blockchain que nous avons décrit précédemment. Plus de rapidité lors de la souscription, moins, voire plus du tout d’attente, lors des indemnisations et surtout point important, la quasi disparition de la paperasse. C’est ce principe du sur-mesure qui fait que les Insurtechs sont en pleine croissance aujourd’hui.

Il y a néanmoins un point indéniable sur lequel les assureurs traditionnels ont la main mise, c’est celui de la confiance. En effet, la confiance est la base de l’échange entre un assureur et son assuré ; sans ce lien, il est impossible que la relation soit fructueuse pour les deux parties. Dans le cas des grands groupes, cette confiance s’est construite au fur et à mesure en travaillant sur l’image de la société mais aussi et surtout, par le travail local réalisé par les agents généraux.

Or pour les Insurtechs, ces dernières n’ont pas d’image puisqu’elles sont encore trop récentes, elles sont en train de se construire et de se créer une place sur le marché. Ce secteur, malgré les investissements massifs qu’il reçoit, reste encore à l’heure actuelle un marché de niche qui vise les clients 100% connectés. Ces derniers sont souvent à la recherche du prix le plus bas et plutôt difficile à convaincre. Mais les arguments des Insurtechs sont très bons et les assureurs traditionnels commencent à avoir peur de cette concurrence naissante.

Selon une étude conduite par PwC en 2017, 56% des assureurs mondiaux30 craignent une baisse de 20 % de leur chiffre d’affaire, et pour encore 20% d’entre eux, ils estiment que cette baisse pourrait allez jusqu’à 40 %.

C’est pour cette raison que 45 % de ces assureurs ont déjà commencé à travailler en collaboration avec une startup Insurtech. Cette association peut prendre plusieurs formes avec comme nous l’avons vu précédemment la prise de capital de la part des grands groupes lors de levée de fonds des startups, avec l’exemple de Allianz. Une autre façon de faire est de créer ce que l’on appelle des incubateurs. Ce sont des structures d’accompagnement qui visent à aider les startups dans la réalisation de leurs projets. C’est le choix qu’a fait Axa en créant Kamet en 2015, avec un investissement initial de 100 millions d’euros. Mais ce n’est pas tout, le fonds d’investissement Axa Strategic Ventures a aussi pour objectif de miser sur les startups du type Fintech, comme ce fut le cas avec Blockstream.

Bien que le marché de l’assurance soit hyperconcurrentiel, les assureurs traditionnels et les Insurtechs peuvent, et doivent, collaborer si jamais elles souhaitent pérenniser leur activité. Malgré le retard évident des grands groupes assurantiels sur le chemin du digital, les Insurtechs ne doivent pas pour autant délaisser leurs ainés. La transformation des assurances vers le tout numérique doit s’opérer en collaboration avec les startups qui apportent un savoirfaire technologique, qui une fois complété par l’expérience et l’expertise client d’un grand groupe d’assurance, va créer l’assurance de demain. L’intégration par exemple du système de Blockchain ou encore de l’exploitation des données « Big data » est au centre de la préoccupation des assureurs, plus de 84% d’entre eux comptent investir dans ces domaines d’ici à fin 2018.

L’arrivée des GAFA(MA) sur le marché de l’assurance ?

Nous les avions déjà évoquées plus tôt, cet acronyme est une expression pour désigner les quatre entreprises que l’on considère actuellement comme les géants du Web, à savoir, Google, Apple, Facebook et Amazon. Cependant, ce que l’on sait moins, c’est que cette appellation a évolué deux fois récemment.

Une première fois pour y inclure le groupe Microsoft, un des piliers de l’informatique et des nouvelles technologies à travers le monde, puis dans un second temps avec l’arrivé du géant de la vente de gros et de détails sur Internet en Chine, Alibaba.

Ce nouvelle acronyme, GAFAMA, fait de plus en plus de bruit dans le monde de l’assurance, de crainte de la part des acteurs traditionnels d’une arrivé imminente sur le marché.

Pourquoi parle-t-on de cette entrée possible de la part de ces géants du Web dans le secteur assurantiel ? Cela tient en une notion, celle du « Big data ». En effet, nous en avons déjà parlé maintes fois mais, ces entreprises sont sollicitées quotidiennement dans le monde entier, et comme on le sait, elles collectent des données sur absolument tout ce que l’on fait. Tout est répertorié et analysé au travers de la technologie du « Big data » de ces sociétés. Ce sont donc elles qui nous connaissent le mieux, bien mieux que nos assureurs. D’où la crainte de ces derniers qu’avec de telles informations, les GAFAMA se lancent sur le marché de l’assurance en proposant des contrats personnalisés de A à Z en fonction des données clients récoltées et traitées préalablement. Car quand bien même ils ne présenteraient pas de légitimité directe en tant qu’assureur, leur poids dans l’économie mondiale actuelle et leur image de marque suffiraient en termes de publicité à attirer une clientèle tournée vers le digital, prête à passer le cap du 100 % numérique.

Bien que pour l’heure aucun de ces mastodontes d’Internet ne s’est positionné dans la distribution de produit d’assurance, ils commencent petit à petit à s’implanter ou du moins à graviter autour de ce milieu.

C’est le cas de Google, avec plus de 1.6 milliards de visites mensuelles, il est le moteur de recherche le plus utilisé dans le monde. En 2015, la firme américaine a lancé un comparateur d’offre d’assurance auto dans certains états d’Amérique du Nord. Selon les chiffres annoncés par le responsable de ce nouveau service « made in Google », des millions de personnes seraient passées par ce site, et plus de la moitié d’entre eux auraient trouvé une assurance moins chère. Néanmoins ces paroles sont à nuancer car le service a fermé ses portes en 2016, soit moins d’un an après son ouverture. L’ambition annoncée était pourtant d’étendre ce service dans de nouveaux états, mais le manque de succès critique du comparateur l’a fait tomber dans l’oubli rapidement.

Cette tentative de Google met donc en évidence un point important, être une grande firme de renommée mondiale ne garantit pas le succès.

En effet, le marché est saturé de comparateurs depuis l’explosion de la bulle Internet, Google a essayé de s’implanter sur ce secteur quasiment bouché en ne proposant aucune innovation vis-à-vis de ce qui se fait déjà sur la toile. Les internautes n’ont pas trouvé ce petit plus qu’une grande entreprise comme celle-ci aurait dû amener, et ce sont donc tournés vers les acteurs classiques du secteur, bien mieux établis que le géant américain.

Pour autant, dans le domaine de la santé, la firme possède de nombreuses divisions et startups qui travaillent dans le domaine des sciences de la vie ou encore du vieillissement. L’une de collaborations les plus notables est celle réalisée avec Sanofi portant sur des études sur le cancer et le diabète. Une fois associé à leur expertise dans le domaine de l’intelligence artificielle et du digital, Google pourrait en effet devenir un acteur sérieux dans le domaine de l’assurance santé.

Un autre membre du collectif des GAFAMA a fait ses premiers pas dans le monde assurantiel dernièrement. Il s’agit d’Amazon qui s’est associé à la banque JPMorgan Chase et au conglomérat Berkshire Hathaway pour mettre au point une assurance santé à but non lucratif à destination de ses employés. Ce n’est qu’un début, mais cela représente tout de même potentiellement plus de 950.000 nouveaux assurés. Il n’y a d’ailleurs pas de raison pour la firme américaine de s’arrêter en si bon chemin si cette collaboration s’avère être une réussite. De plus, en ce début d’année des offres de recrutement de la part d’Amazon ont été émises recherchant des professionnels de l’assurance sur le sol britannique. Le spécialiste du ecommerce proposant déjà de nombreux services via ses objets connectés sur ce territoire, il y a de fortes spéculations sur l’introduction sur le marché d’une assurance habitation qui regrouperait tous les services proposés au sein d’un package de couverture qui se voudrait tourné vers la domotique.

La réputation d’Amazon auprès de ses clients n’est d’ailleurs plus à prouver, la firme est pour la septième année consécutive première sur le classement annuel de la satisfaction client (ACSI) aux Etats Unis. Le niveau de confiance des consommateurs vis-à-vis de cette société représente un niveau de relation client que beaucoup d’acteurs envient au plus haut point. La rapidité et la réactivité de la firme assurent sa première position au classement de confiance. Amazon possède déjà son propre service de paiement avec Amazon Pay fortement implanté sur les mobiles, il n’y a qu’un pas à franchir pour se lancer dans la m-assurance.

Apple préfère une autre approche du domaine en se concentrant pour le moment sur les objets connectés comme leurs smartphones ou leurs montres.

Bien que n’ayant pas de lien direct avec l’assurance, ces deniers produisent des données qui pourraient être utilisé dans le cadre de l’établissement d’assurance santé orientée mobile. Mais pour l’heure, l’assurance ne semble pas être une priorité pour la firme à la pomme.

Il est en de même pour Facebook, bien qu’un partenariat fût signé avec Axa pour l’utilisation à titre professionnel de Messenger, l’application de messagerie instantanée du réseau social. Il n’y a pour le moment pas de volonté de s’étendre au secteur de l’assurance.

Alors pourquoi cette inquiétude de la part des acteurs traditionnels de l’assurance ? Sur les différents géants du web, seulement deux semblent montrer de l’intérêt pour le secteur assurantiel. Pour autant, ce ne sont pas leurs activités actuelles qui effraient, mais bel et bien celles qui sont à venir.

En effet, dès lors que l’une de ces firmes décidera de mettre à profit les années de données accumulées avec le « Big data », la donne pourrait changer. Ces firmes disposent des plus grandes bases d’informations du monde, l’analyse de ces dernières pourrait permettre de parfaitement quantifier les risques et même de les prévenir. Leur présence à travers le monde ne leur ouvre pas seulement les portes d’un seul continent mais bel et bien de la planète. Ils font partie de notre quotidien depuis des années et c’est pour ces raisons que les assureurs prennent peur lorsque l’on évoque leur potentielle arrivée dans le marché de l’assurance.

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