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Le bilan des livrets défiscalisés en 2012

Le durcissement prévu de la fiscalité sur les revenus du capital, conjugué à l’appel d’air provoqué par le récent relèvement des plafonds, promettait aux livrets défiscalisés un bilan particulièrement flatteur en 2012. Les chiffres publiés par la Caisse des dépôts et consignations le 22 janvier ont pourtant surpris de nombreux observateurs en raison de l’ampleur inattendue de la collecte, encore meilleure que prévue.

Un afflux d’épargne massif et sans précédent dans les banques

La collecte cumulée des épargnants français sur le Livret A et le Livret de Développement Durable (LDD, ex-Codevi) a atteint la somme impressionnante de 49,16 milliards d’euros en 2012. Ce chiffre tient compte bien évidemment des sommes retirées dans le même temps par les épargnants, si bien qu’il correspond à un solde net positif. Il est en revanche difficile d’évaluer avec précision la part représentée par une épargne nouvellement constituée et celle issue du transfert depuis d’autres produits financiers, comme par exemple l’assurance-vie ou les livrets fiscalisés classiques. Des données statistiques complémentaires permettront donc, en temps voulu, de déterminer si le montant total d’épargne par tête a suivi le même mouvement favorable ou pas. L’encours total pour le Livret A et le Livret de Développement Durable, une fois les intérêts de l’année écoulée pris en compte, est égal à 342,6 milliards d’euros, soit un nouveau record historique enregistré par les établissements financiers (banques de réseau et e-banques confondues) pour ces produits qui séduisent de nombreux foyers en raison de leur liquidité et de l’absence de toute fiscalité.

L’effet perceptible du relèvement des plafonds

L’importante collecte d’épargne réalisée en 2012 sur les livrets défiscalisés apparaît fortement corrélée à l’augmentation des plafonds en fin d’année. Rappelons en effet que le plafond du Livret A est passé de 15.300 à 19.125 euros à la date du 1er octobre dernier, soit une augmentation de 25%, tandis que le plafond du LDD connaissait quant à lui un doublement immédiat, en passant de 6.000 à 12.000€. Soit un potentiel d’épargne défiscalisée rehaussé subitement de 9.825€ par personne physique. Les épargnants se sont rués sur cette opportunité en effectuant un transfert massif de fonds : sur les 49,16 milliards d’euros de collecte, 64,57% ont été accumulés sur les seuls trois derniers mois de l’année 2012, et 43,3% sur le seul mois d’octobre ! Les mois de novembre et décembre, avec 5 milliards d’euros chacun, ont été plus sages mais nettement supérieurs à la moyenne du début d’année.

Le Livret A confirme son aura et son attractivité

Le Livret A n’a jamais autant mérité son surnom de « placement préféré des Français » : avec une collecte nette positive de 28,16 milliards d’euros, il dépasse allègrement les niveaux pourtant respectables atteints en 2011 (17,4 milliards) ou encore en 2008 (18,7 milliards). Surtout, il s’agit du niveau de collecte le plus élevé jamais enregistré sur un plan historique au cours des quelque 194 années écoulées depuis la création du livret. L’encours total du Livret A, évalué à 250 milliards d’euros à la fin de l’année 2012, devrait continuer à assurer une source de financement confortable pour le secteur du logement public.

Le Livret de Développement Durable retrouve des couleurs

En sa qualité de « deuxième livret » et de petit frère du Livret A, c’est le LDD qui avait le plus pâti du contexte de crise économique et de la tendance à la décollecte observée ces dernières années. L’ex-Codevi avait ainsi affiché une performance très faible en 2011, avec une collecte à peine positive de 0,11 milliard d’euros, qui faisait suite à la décollecte record de 2,2 milliards constatée en 2010. L’année 2012 tranche avec cette période récente : près de 21 milliards d’euros sont ainsi venus s’ajouter aux fonds déposés sur les LDD des Français, ce qui porte l’encours total à 92,6 milliards.

Quelle tendance prévisible pour 2013 ?

Si l’année 2012 a bénéficié à l’évidence du relèvement important des plafonds des livrets défiscalisés, l’année 2013 devrait au contraire subir de plein fouet la baisse annoncée du taux d’intérêt de ces produits, qui passera au 1er février de 2,25% à 1,75% en raison de la baisse du niveau estimé de l’inflation. Cette perspective devrait décourager certains des épargnants les plus aisés à garnir de nouveau leur Livret A suite au second relèvement de 25% du plafond au 1er janvier, pour s’établir à 22.950€. Est-ce à dire pour autant que l’on s’achemine en 2013 vers une collecte très faible, voire négative ? La réponse ne va pas de soi si l’on considère qu’un rendement net de 1,75%, dans le contexte actuel, reste assez attractif, notamment pour les foyers soumis à une tranche marginale d’imposition élevée. Seule l’assurance-vie, actuellement en pleine période de promotion dans les établissements bancaires, est susceptible d’offrir un meilleur rendement sans risque, du moins pour les épargnants prêts à bloquer leur épargne pendant plusieurs années. Et à la condition expresse qu’une nouvelle réforme fiscale ne vienne pas s’attaquer à ce support de placement…

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